#SOCIAL : LE HANDBALL EN PRISON
30/04/2017

Terrains de proximité, gymnase et même école, le Istres Provence Handball s’évertue, tout au long de l’année, à créer du lien social sur l’ensemble du territoire istréen. Si les vacances de Pâques ont permis au club de continuer ses actions mises en place depuis de longues semaines, elles ont aussi été l’occasion de découvrir un nouveau terrain de jeu, le Centre de Détention de Salon de Provence. 

Mardi 18 avril, une grande partie du groupe professionnel, mené par les deux entraîneurs Gilles Derot et Benali Beghouach s’en allait réaliser une séance d’entraînement dans un lieu peu banal. En effet, c’est au Centre de Détention de Salon de Provence que le Istres Provence Handball se rendait pour participer à une action menée par l’association Préface. Depuis près de 3 mois l’association a mis en place une formation « Sport et Citoyenneté » à destination des détenus. Après plusieurs séances théoriques, les stagiaires ont pu passer à la pratique grâce à l’aide du club. Dispensée par Benali Beghouach, responsable des actions sociales du club, la séance a donné lieu à un moment de grande intensité. Joueurs et détenus ont pratiqué, ensemble, dans une ambiance détendue et conviviale permettant d’oublier le quotidien, rendu encore plus difficile en ce mardi 18 avril par le fort mistral s’engouffrant dans la cour du Centre de Détention. « On a oublié que l’on était en prison, ça fait du bien » se réjouit même un détenu. Deux heures de séance conclue par des accolades et poignées de mains pleine d’émotion. « Je leur souhaite de monter en première division car ils sont tous sympas » nous glisse l’un des stagiaires avant de retourner à son quotidien de détenu. 

 

 

Benali BEGHOUACH : « C’est vrai que l’arrivée dans la prison était quelque peu impressionnante. Petit à petit tout le monde s’est détendu et a pu profité pleinement de l’expérience. On a souhaité faire participer les joueurs et les mélanger aux détenus pour casser les barrières qui s’installent automatiquement dans ce genre de situation. On dit souvent que le sport aide les gens à se remettre sur le droit chemin. À travers les valeurs de notre sport j’espère que cette expérience donnera la force aux détenus de se battre pour leur réinsertion. En ce qui nous concerne elle nous a ouvert les yeux sur notre statut privilégié de sportif de haut niveau. Elle nous a rendu plus fort  et nous a fait grandir humainement ».

 

Thomas TRICAUD (capitaine du Istres Provence Handball) : « Quand on nous a annoncé cette opération il y avait pas mal d’excitation. Beaucoup voulait y participer pour découvrir le milieu carcéral qui est quand même très particulier. Une fois que l’on a commencé à se rapprocher je dois avouer que l’on a tous sentie une petite boule au ventre. On a pris conscience que l’on arrivait dans un endroit pas si drôle que ça où on y découvre des histoires souvent tristes et choquantes. On a tout de suite été impressionné par la sécurité, les barreaux et tous les sas pour arriver à la cour, c’est un endroit incroyable. Les détenus avec lesquels on était étaient très à l’écoute et surtout très contents que l’on soit là. Ça cassait un peu leur quotidien et ils ont été super gentils avec nous. On a pris beaucoup de plaisir. Cette opération nous fait ouvrir les yeux sur la vie et ses difficultés. Pour en avoir discuté avec eux ils savent qu’ils ont fauté et font tout pour s’en sortir et j’espère qu’ils suivront le bon chemin. Quant à nous ça nous remet les pieds sur terre et nous permets de nous souvenir des choses essentielles ».

 

Maïwenn MOIRE (Déléguée Territoriale Formation) : « L’objectif était de permettre un temps d’échange par le sport et non plus par les mots pour des stagiaires qui ont, pendant leur trois mois de formation, réussi petit à petit à accepter un cadre. Je m’associe aux stagiaires pour remercier l’équipe du Istres Provence Handball ainsi que leur staff pour ce temps d’échange très productif ».

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