#PAROLES DE BÉNÉVOLES, Chapitre 1: L'intendant
30/10/2019

Au club depuis 9 ans, Bernard LELONG était à l’origine supporter istréen. Depuis 8 ans maintenant, il est, bénévolement, l’Intendant de l’équipe première du club. Entre organisation des déplacements, relations avec les joueurs et autres fonctions d’Officiel Table de Marque, rencontre avec celui que les joueurs et le staff appellent affectueusement "Bernie".

Bernard, que signifie être l’intendant de l’équipe ?

« C’est bien entendu gérer la logistique, je me fais fort de ne pas m’immiscer dans le sportif ou le médical. C’est la prise en charge complète du départ au retour de Istres. C’est-à-dire le transport pour aller jusqu’à la gare ou l’aéroport, et les déplacements en bus lorsque les destinations sont proches (Montpellier, Toulouse, Nîmes, Saint Raphael). Une fois arrivé sur place, je gère également la location de voitures et/ou de minibus via des services groupes. Même chose au niveau de l’hôtellerie, toujours dans le cadre de services groupes, qui n’ont rien à voir avec un tarif grand public. Pour les hôtels, je privilégie, les hôtels qui ont des restaurants, parce que c’est quand même beaucoup plus simple de pouvoir manger sur place. Je m’occupe également de réserver la salle vidéo les matins de match après les entrainements, quand on part sur 3 jours, parce qu’on fait vidéo le matin avant le match du soir. Je m’occupe aussi de la demande du créneau d’entrainement au club qui nous reçoit. Pendant l’ensemble du déplacement il s’agit aussi de gérer le timing entre les différents horaires et impératifs. Cela dans le respect d’un budget alloué sur la saison. En sachant que j’ai deux budgets sur la saison, un budget pour l’intégralité des déplacements et un budget pour la préparation d’été à la reprise, et la préparation d’hiver après les vacances de Noël et pendant la trêve internationale."

Depuis combien de temps t’occupes tu de l’ensemble de ces aspects ?

"Depuis 8 ans maintenant, je suis rentré au CA il y a 9 ans. Je m’intéressais beaucoup à l’équipe pro. "Pépé" qui était l’intendant avant moi a arrêté d’organiser les déplacements des pros, on m’a donc demandé si ça m’intéressait de prendre la suite, ce que j’ai fait avec grand plaisir"

Tu as occupé cette fonction uniquement à Istres ou également dans d’autres clubs ?

"Sur Istres uniquement, à l’origine supporter istréens, j’avais ma carte d’abonné, et en discutant avec le président de l’époque, Louis MORALES, je suis entré au Conseil d’Administration du club puis cela s’est enchainé un an après, avec la prise de fonction d’intendant."

Tu gères les déplacements de A à Z, pour les déplacements plus courts comment cela se passe ?

"Pour les déplacements comme Nîmes ou Montpellier on ne va pas à l’hôtel on fait la collation directement sur place. Il faut gérer aussi le repas d’après match, dans ces cas-là, ou je prévois en achetant le repas et les boissons avant de partir ou je fais des commandes spécifiques sur place pour me faire livrer au pied du bus."

Tu as aussi des missions les jours de matchs à domicile ?

"Effectivement j’ai pris en charge la gestion des arbitres, notamment au niveau du logement. A ce niveau c’est relativement simple puisqu’il y a un cahier des charges de la LNH que je respecte au pied de la lettre. Au-delà des arbitres, il y a aussi l’accueil du délégué. Mais aussi la mise en place des vestiaires des joueurs et de l’équipe adverse et les vestiaires arbitres."

Comment t’organises-tu pour ces déplacements, notamment quand tu découvres le calendrier en juillet ?

"Pour essayer d’avoir le déplacement le moins cher possible il faut anticiper. On fait beaucoup de déplacements en TGV, je prends toujours la première classe pour le confort de nos joueurs. Mais en attaquant entre 3 et 4 mois avant les déplacements, j’ai des tarifs très compétitifs. C’est la même chose pour les hôtels j’anticipe énormément. Dès que j’ai des certitudes sur les calendriers, j’anticipe au maximum. En gros les déplacements sont bouclés 3 à 4 mois avant le départ, par exemple je suis en train de finir Créteil et Dunkerque qui sont sur Mars 2020, et après il faudra réagir au coup par coup en fonction de la qualification ou non pour les différentes phases de Coupe de France et de Coupe de la Ligue."

Pour toi qui fais ça depuis 8 ans maintenant, quel déplacement était le plus difficile à gérer ?

"Les organisations par elles-mêmes ça va, j’ai la chance d’avoir la confiance du staff, je peux donc tout gérer de A à Z. Je leurs fais des présentations de ce que je prévois et ensuite c’est une feuille de route. La plus grosse galère que j’ai eu c’était en Proligue, à Cherbourg, où la SNCF à décidé de fermer la ligne Cherbourg-Caen-Paris le week end où on devait rentrer, pour raison de travaux. Il a fallu improviser rapidement. J’ai donc prolongé la location des véhicules qu’on avait loué sur place, j’ai simplement prévenu qu’on les rendrait à Paris et pas à Cherbourg, et on a pris la route le samedi matin très tôt pour anticiper le départ en TGV gare de Lyon. Entre les bouchons à Paris un samedi midi, le retour des véhicules de location, et la montée dans le TGV, il nous restait 2 minutes avant le départ. Donc gros moment de stress ce jour-là, à gérer les trois véhicules sur la route et faire en sorte que le groupe de 20 personnes soit dans le train à l’instant du départ, ce n’était pas évident. C’était la plus grosse galère à gérer puisque j’ai beau verrouiller et anticiper, c’était indépendant de notre volonté. Maintenant l’expérience aide à anticiper."

C’était le plus compliqué par rapport au déroulé, et ton meilleur moment maintenant ?

"Le meilleur moment, c’était le soir de l’avant dernier match de Proligue, quand on a reçu Dijon, qu’on les a battus et qu’on a gagné le titre de champion de France de Proligue et la montée en LidlStarligue. Juste après le match, distribuer les t-shirts, les casquettes, les médailles, ce qui avait été anticipé pour la célébration à l’insu du staff. Pouvoir sortir ça entre le coup de sifflet final, et le retour des joueurs rapidement au vestiaire pour qu’ils puissent enfiler les casquettes et puis se représenter au public pour fêter c’était vraiment le meilleur moment."

Et un moment moins bon, plus difficile à vivre ?

"Un moment beaucoup moins bon, ce n’est pas un déplacement, ce n’est pas un match, c’est l’annonce de la maladie de Théo (Derot). C’était un coup terrible pour nous en cours de saison. Il y a eu un dénouement positif avec sa guérison, mais c’était vraiment difficile, on a beaucoup dégusté pendant 6 mois. Heureusement le dénouement était positif."

Je suppose que tu es fan de Hand depuis toujours, avec ta fonction tu vis au sein d’un groupe professionnel, est ce que c’est une sorte d’accomplissement ?

"Oui c’est un bonheur quotidien. De vivre avec un groupe pro chaque jour, avec les hauts et les bas que cela peut comporter, il y a forcément des frictions de temps en temps, mais j’ai la chance de pouvoir croiser, fréquenter et discuter avec des Jérôme FERNANDEZ, Jackson RICHARDSON, des KARABATIC, des gens qui sont adorables, c’est vrai que c’est un super truc, j’adore !"

Dans ton rapport avec les joueurs, quel rôle as-tu ? Tu parlais de frictions de temps en temps ?

"Alors, je m’efforce de rester en dehors de ça, j’ai de temps en temps, avec certains, un rôle de conseil « à la papa ». Mon âge me permet de considérer que je peux largement être leur père. D’ailleurs ils ne se privent pas de me le faire ressentir pour certaines choses, sportives voir extra sportives, mais c’est des choses qui restent entre les joueurs et moi, rien ne sort, c’est le secret du vestiaire, c’est une ligne de conduite que j’ai. On peut dire que  oui, j’ai des fois et avec certains un rôle de conseil, mais cela reste du conseil justement et je ne vais pas au-delà. Les relations que j’ai avec eux sont forcément assez complices, je suis au courant, j’entends certaines choses, et je ne réagis pas à chaque fois."

À ce titre, les joueurs t’ont bien donné un petit surnom ?

"Depuis 3 ans maintenant c’est Bernie, de façon affectueuse. Pour la totalité des joueurs, même ceux qui ne parlent pas français, comme Rasmus notre danois."

 

Bernard s’occupe également de la table sur les matchs pro, ce qui lui a permis d’être retenu par la LNH comme l’un des tout premiers Officiel Table de Marque (OTM) pour la mise en place de cette fonction depuis le printemps 2019. Il a aussi eu deux belles reconnaissances pour son travail de l’ombre, en étant retenu en 2017 pour le Final 4 de Coupe de la Ligue comme OTM, et d’avoir été choisi en 2018 comme responsable de la délégation de l’équipe de Lituanie pour le match de qualification contre la France à Aix le 25 octobre 2018, pour laquelle il a organisé toute la semaine sur le sol français.

Merci à Bernard pour son investissement quotidien et bénévole..Suite de « Paroles de bénévoles » prochainement, pour découvrir une autre personnalité incontournable du club..

#AllezIstres

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